LES ÉCOLIERS DU CAMBODGE

LES ÉCOLIERS DU CAMBODGE

L’édito du Président – Décembre 2015

Chers parrains et marraines, Chers amis, Chers visiteurs,

 

A 12000 km de distance, je vous souhaite une bonne fin d’année 2015. Nous connaissons tous les évènements exceptionnellement graves qui ont marqué cette année en France. Le Cambodge est lui aussi sous vive tension politique et la vie est dure pour les militants des droits de l’homme, de l’environnement, les journalistes qui osent parler de ce qui dérange, et pour les hommes politiques de l’opposition.

 

Pourtant, il nous faut garder l’espoir et travailler dès aujourd’hui à rendre le monde un peu plus humain. J’ai pourtant une bonne nouvelle, qui n’est pas uniquement la fête de Noël toute proche ! En effet, vous tous et toutes, parrains et marraines, amis « des écoliers du Cambodge » vous participez déjà à ce monde meilleur et grâce à votre générosité il commence déjà un peu aujourd’hui.

 

Vos parrainages permettent à un enfant du Cambodge d’aller à l’école et cela est déjà un cadeau énorme que vous faites à l’humanité tout au long de l’année. Quoi, plus que l’éducation, est vecteur de développement et d’égalité ?  Mais pourtant, permettez-moi d’illustrer mon propos par deux exemples concrets qui ne sont pas liés directement aux parrainages.

 

Etant moi-même au Cambodge depuis quatre ans, j’ai la chance d’être aidé dans l’action au service des plus pauvres par notre association. En effet, quand vous faites un don au-delà de votre parrainage et que vous ne donnez pas de consigne particulière pour son utilisation, c’est moi qui en bénéficie directement ! Je vous rassure, je ne pars pas en weekend  au bord de la mer et en hôtel de luxe chaque semaine ! bien sûr que non ! Mais, j’ai la chance de pouvoir agir concrètement dans des situations que la rencontre plus pauvres me donne au quotidien. Voici donc mes deux exemples qui sont des situations en cours.

 

D’abord, il y a David qui est un jeune de 14 ans pensionnaire du foyer Saint-Jean-Baptiste dont je m’occupe et qui est originaire du village natal de Pol Pot ! C’est la sœur Sudathip de Kompong Thom qui l’avait proposé pour intégrer le foyer. Ses parents se sont séparés quand il était petit et c’est sa grand-mère qui l’a pris en charge. Ce qui étonnait la sœur Sudathip, c‘est que malgré cette situation déstabilisante d’abandon, David restait positif, bien élevé, bon élève, serviable. Pour maintenant bien le connaitre, je peux confirmer les propos de la sœur. Il est revenu de la semaine de vacance de la fête des eaux qui a lieu mi-novembre avec une mine préoccupée. Je lui ai donc demandé ce qui se passait et là, il fond en larmes. Sa mère vit à 300 km de lui et il ne l'a pas vue depuis 3 ans bien qu’il soit en contact téléphonique régulier. Il a appris que son dernier petit frère de 7 mois est en mauvaise santé, très maigre, et qu’ils sont inquiets pour lui. En cherchant à en savoir plus, j’apprends qu’il n’est pas nourri au sein car sa mère a des kistes qui la font souffrir, rendant impossible l’allaitement ! Vous imaginez mon émotion. Que faire ? Je me suis mis en contact avec Pagna, qui est responsable du Comité de Charité de la Paroisse et qui connait bien la famille de David car il vient du même village. Il s’est renseigné, m’a confirmé le problème et nous avons réfléchis à une solution. (C’est là que vos dons interviennent!) Nous décidons de faire venir la maman et le bébé à Phnom Penh, ils seront pris en charge par le Centre de Santé Catholique Sainte-Elizabeth dont Pagna est le correspondant pour la paroisse. La maman va être prise en charge avec son bébé, je paye déjà les frais de transport et de nourriture grâce à vous, elle arrive cette après-midi, voyez que mon exemple est récent ! S’il y a besoin d’une opération, cela pourrait être dans les 500$ et c’est la raison pour laquelle elle n’avait pas encore consulté ! Elle a trois enfant jeunes avec elle et son deuxième mari est ouvrier du bâtiment, c’est à dire qu’ils vivent dans la misère ! Dans à peine plus d’une heure au moment où j’écris ces lignes, je vais emmener David retrouver sa mère qu’il n’a pas vue depuis trois ans, et qui vient d’arriver au centre de santé. Je vous tiendrais au courant, mais vous pouvez déjà pressentir que votre argent sera bien utilisé !

 

Martine, une super marraine vient la semaine prochaine et pourra vous en dire plus sur la santé de la maman de David et du bébé, ainsi qu’à propos de mon deuxième exemple ci-dessous.

 

Je suis en contact depuis assez longtemps avec des mendiants que je connais bien. Je vois des résultats comme par exemple la scolarisation de Seyha, 15 ans, qui apprend désormais à lire et à écrire dans son village  avec comme objectif de faire un apprentissage de mécanique moto. Mais il y a trois mois environs, j’ai croisé la route d’une autre famille, miséreuse, le mot pauvre n’est pas assez fort, qui vivait sous un pont. J’ai été bouleversé par cette rencontre et vraiment choqué par leurs conditions de vie inhumaine dans la crasse et la promiscuité. C’est Mon, 15 ans lui aussi et copain de Seyha, qui est venu m’expliquer sa vie difficile. Lorsque je les ai rencontrés sous ce pont la première fois, j’ai perçu chez eux quelque chose de pas classique chez les mendiants que je connaissais jusqu’alors, une sorte de volonté, de révolte, de désir... La famille est composée du père, brave, bruyant, et fortement alcoolique, de la mère charmante mais un peu perdue, la grande sœur de 18 ans qui a arrêté l’école en CM2 mais qui essaie toujours de me parler en Anglais, elle est mariée à un ouvrier du bâtiment souvent en déplacement et a déjà un enfant, de 2 petits garçons de 6 et 7 ans au regard plein de joie et d’intelligence, et « Mon », c'est son nom, 15 ans qui me dit avec conviction et anxiété « je ne veux plus mendier, je veux travailler, je veux être vendeur ». Il y a aussi une tante qui vit avec eux, elle a trois enfants et vient de perdre le quatrième à la naissance, elle porte toute la misère de monde sur son visage. Alors qu’en général la première chose à laquelle je pense est la scolarisation, pour cette famille là c’est différent. Toujours en dialogue avec Pagna du Comité de Charité de la Paroisse, j’ai d’abord décidé de les aider à trouver un logement, les sortir de sous ce pont ignoble. Pour 20$ par mois, c’est chose faite ! Je me suis engagé auprès d’eux pour 4 a 5 mois seulement, afin de ne pas entrer dans de l’assistanat. De fil en aiguille, dans leur cas précis, le mieux est de les aider à redémarrer avec du travail. Mon et sa sœur Ratana, voudraient vendre des boissons et des petit coquillages cuit au soleil et dont les cambodgiens raffolent et que nous Européens devront absolument éviter ! Ils savent quoi faire, où le faire, il leur manque le coup de pousse de démarrage. J’ai donc décidé, avec mon ami Pagna, de leur acheter 2 charrettes  et deux vélos pour commencer la vente. Il faudra aussi surement prévoir les denrées du premier jour de vente. Je ne sais pas exactement combien cela va couter mais nous avons évalué à 500 $. Une fois de plus, c’est l’argent reçu de votre part au-delà des montants de parrainages que j’utilise. Un grand merci à vous, pour votre générosité et votre fidélité. Je vous en dirai plus, avec des photos, dès que les choses auront un peu avancées. J’avoue avoir hâte de prendre une photo de Mon et Ratana en train de vendre leurs produits...

 

Voilà donc les nouvelles... Si vous avez des questions, n’hésitez pas !

 

J’en profite pour vous rappeler que la fin de l’année approche et, si toutefois vous n’étiez pas à jour de cotisation, il est encore temps d’envoyer votre don ! Merci d’avance, et j’enverrai un petit mot individuel aux étourdis ! Si vous ne savez pas si vous êtes à jour, contactez-moi, je vous renseignerais.

 

Avec mes salutations les plus chaleureuses du Cambodge,

 

A bientôt,

 

Frédéric, Président des “Ecoliers du Cambodge”



14/12/2015
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