LES ÉCOLIERS DU CAMBODGE

LES ÉCOLIERS DU CAMBODGE

De l'utilité de la bonne volonté et de celle des Euros !...

Chers amies et amis des Écoliers du Cambodge,

 

Chères marraines et chers parrains,

 

Chers donateurs,

 

J'aimerais évoquer dans ce billet les raisons de l'utilité d'une association comme la nôtre, et partager mon expérience et ma réflexion autour de séjours, plus ou moins long selon les cas, que nous Français pourrions souhaiter faire au Cambodge.

 

Vous trouverez à la fin ce billet des articles parlant de "volontourisme" et des problèmes que peuvent poser des initiatives pourtant à priori positives. Mais mon propos sera plus lié à notre association et au volontariat. Il y a plein de raisons pour venir au Cambodge, les mauvaises comme de profiter et de tarifs avantageux de séjour, les neutres comme de découvrir le patrimoine culturel, et les bonnes qui incluent le désir de partager, de donner.

 

Donner, partager, c'est louable mais…

 

Soyons clairs, les Cambodgiens ont- ils besoins de notre joli sourire ? NON. Ont-ils besoin que l'on vienne contempler leur misère ? NON. Ont-ils besoin de notre compassion bien-pensante ? NON. Bref, ont-ils besoin de nous ? NON.

 

Je sens bien que cela peut choquer, mais c'est le cas, nous ne servons à rien, et si nous allons sur place, non seulement nous ne servons à rien, mais nous pouvons même encombrer inutilement l'espace. Ce bilan cruel peut nous interroger sur l'utilité d'une association comme les Écoliers du Cambodge et sur l'utilité d'un volontaire de solidarité internationale comme moi ! Nous nous faisons plaisirs en venant dans un pays magnifique comme le Cambodge, nous nous faisons plaisirs dans la rencontre de gens très attachant, mais cela va-t-il plus loin que notre plaisir personnel ?

 

Alors pourquoi notre association est-elle, finalement, utile ? Tout simplement parce que nous servons à collecter des fonds pour les envoyer à des partenaires sur place. Eux, nos partenaires, ont des programmes qui leur permettent d'apporter de l'aide au développement en matière d'éducation par exemple, ou encore en matière de santé. Nous les connaissons et leur faisons confiance, Ils connaissent le terrain, les gens, et ils ont besoin… de nos sous pour fonctionner ! Pour info, nos principaux partenaires, au sujet desquels vous trouverez des infos dans ce blog, sont le Don Bosco Children Fund, la paroisse de Kompong Thom, Le Foyer Saint-Jean-Baptiste, et la Bibliothèque du Bonheur.

 

Nos jolis sourires ne font pas de mal mais ce sont nos euros qui font le plus de bien. Certes il est louable de vouloir "aller voir" sur place mais il faut se faire discret et être attentif à ne rien couter. Nos accueillants vont gentiment prendre de leur temps pour nous faire découvrir tel ou tel aspect de leur travail, veillons à donner une contrepartie financière, payer les repas, les déplacements, l'hébergement. N'hésitons pas à aussi organiser et à financer des repas festifs ou des sorties avec les enfants et ceux qui s'en occupent ou seront invités ceux que nous avons le privilège de rencontrer. Car oui, la rencontre des pauvres est un privilège…

 

Si vous venez au Cambodge pour rencontrer votre filleul, n'oubliez pas qu'il n'est pas seul, qu'il a une famille, des amis, il habite peut-être un foyer. Si vous désirez lui faire un cadeau, n'oubliez pas d'en faire aussi à ceux qui l’entourent, cela n'est pas facultatif. C'est l'un des pièges du parrainage individuel que nous pratiquons, de croire que nous donnons de l'argent pour un enfant précis. C'est vrai que cet enfant existe mais il fait le plus souvent partie d'un groupe. D'ailleurs, la plupart des parrains et marraines comprennent bien cela et si leur filleul vient à quitter un programme pour une raison ou pour une autre, ils sont heureux d'en aider un autre.

 

De même, si vous souhaitez venir au Cambodge pour faire du volontariat, posez-vous sérieusement la question de ce que vous avez concrètement à apporter. Quelles compétences intéressantes avez-vous ? Je prendrais comme exemple la bibliothèque du bonheur, lieu que j'anime dans une cité ouvrière de Phnom Penh.  Si vous êtes passionnée de guitare et vous voulez donner des cours de cet instrument à la bibliothèque, soyez les bienvenus mais posez-vous tout de même deux questions : 1) êtes-vous réellement compétant pour enseigner cet art 2) Êtes-vous en mesure de financer des guitares ? Et posez-vous aussi la question pas si subsidiaire que cela : "de quelle compétence linguistique ai-je besoin pour faire ce que je souhaite faire ? Apprendre le Khmer est-il facultatif ? Une fois de plus, notre joli sourire et notre bonne volonté, bien qu'indispensables, ne sont pas suffisants.

 

Petit quiz pour évaluer votre compréhension de ce dernier point. Qui d'A ou de B laissera le meilleur souvenir ? A : A adôôôôre voyager et dispose d'un an pour "aider les pôôôôvres" et il a, en plus, un très joli sourire. B : B sait vraiment bien faire les crêpes bretonnes. Il se renseigne de la disponibilité des ingrédients sur place, de la langue dans laquelle il va pouvoir enseigner son art, du coup éventuel d'un traducteur. Il dispose de trois jours et contacte à l'avance des écoles hôtelières en leur proposant ses services… La réponse est B car il a un projet, il sait de quoi il parle, il finance son action, il apporte un savoir-faire qui peut être utile à des jeunes dans une école de cuisine.

 

Pour conclure, je dirais qu'il n'est pas facile d'aider et que c'est pourtant indispensable. Je profite de ce billet pour vous remercier tous bien chaleureusement, vous tous qui faites preuve de générosité et de désintéressément grâce au "moyen" qu'est notre association.

 

N'hésitez pas à me contacter si vous penser venir au Cambodge, que ce soit pour quelques jours ou pour plus longtemps, je serai heureux de discuter de ce projet avec vous.

 

À bientôt,

 

Frederic - Président des Écoliers du Cambodge

 

Article 1 Volontourisme

 

Article 2 Volontourisme

 

Article 3 Volontourisme



27/04/2017
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